• fr
  • nl
  • de
  • Retour vers tous les projets

    Ukelila

    Muziek voor Ieder Kind (MIK) vzw Heusden-Zolder

    2016

    Initiateurs

    Le projet « Ukelila » a été introduit en 2016 par l’asbl Muziek voor Ieder Kind (MIK), Heusden-Zolder. Cette asbl a été fondée en 2014 à l’initiative de l’association RIMO (animation socioéducative, Limbourg) et du Fonds régional ‘Een hart voor Limburg’. RIMO a mis un collaborateur à temps partiel à disposition pour la coordination de l’asbl MIK et du projet Ukelila.

    Situation de départ

    Au départ, six écoles primaires (de Genk, Beringen, Houthalen et Maasmechelen) ont pris part au projet. En 2018, il y avait encore six écoles primaires participantes. Des données du ‘Steunpunt Sociale Planning Limburg’, il ressort que (1) le nombre d’élèves avec une scolarisation à risque dans l’enseignement primaire dans le Limbourg (chiffres 2014) est relativement plus élevé à Genk (25,9%) et Maasmechelen, suivies de Leopoldsburg et Beringen (23,2%) et (2) entre 2008 et 2014, le nombre de naissances dans des familles défavorisées a augmenté progressivement dans plusieurs communes limbourgeoises. C’est à Houthalen-Helchteren, Genk, Beringen, Leopoldsburg et Maasmechelen que l’augmentation est la plus forte.

    Objectif et concrétisation

    Ukelila est un projet d’éducation musicale qui offre la possibilité aux enfants des écoles à forte densité de population allochtone, d’apprendre à jouer d’un instrument pendant les heures scolaires et de jouer ensemble dans un orchestre. Le fait de jouer de la musique ensemble favorise grandement le développement global de la personnalité des enfants. Les enfants y apprennent bien plus que la pratique d’un instrument. L’orchestre fait grandir leur estime de soi et en jouant, ils développent toutes sortes d’aptitudes et d’attitudes qui les aident à s’épanouir socialement, émotionnellement et intellectuellement. Des exemples à l’étranger montrent que l’éducation musicale est un puissant levier contre l’exclusion sociale.

    Ukelila applique une série de principes, à savoir : la musique à l’école primaire pendant les heures de cours, avec une attention particulière pour la création et l’expression, le travail avec des musiciens professionnels et chaque enfant dispose d’un instrument.

    À partir des besoins identifiés, à savoir que les enfants socialement vulnérables ne sont pas suffisamment armés pour s’intégrer dans notre société, cinq sous-objectifs ont été formulés et diverses activités ont été mises en place.

    – Objectif 1 : les élèves apprennent à jouer d’un instrument à l’oreille, sans notes, et à jouer ensemble dans un orchestre. À cette fin, les élèves apprennent à jouer en groupes de 8 instruments. Toutes les 3 à 4 semaines, il y a une répétition d’orchestre.

    – Objectif 2 : les enseignants prennent conscience de l’importance de la formation musicale pour le développement général des enfants. À cet effet, on table d’une part sur la présentation du projet et la formulation des attentes par les enseignants, et d’autre part sur l’apprentissage d’un instrument par les enseignants. Pour cette dernière action, les enseignants suivent les cours avec les enfants.

    – Objectif 3 : soutenir le développement des compétences sociales. Ici, deux actions sont mises à l’avant-plan : (1) développer les compétences sociales de manière implicite pendant les cours et (2) attirer l’attention des instituteurs sur les compétences sociales lors des moments de concertation.

    – Objectif 4 : élargir la sphère de vie des enfants. Cet objectif est principalement réalisé via les présentations à l’intérieur et en dehors des murs de l’école et des heures scolaires. Les enfants apprennent à jouer devant un public et font l’expérience du succès. Grâce à la collaboration avec des harmonies et autres associations locales, leur sphère de vie et celle de leurs parents s’élargit.

    – Objectif 5 : viser une large participation et un sentiment de bien-être chez les élèves.

    Progrès enregistrés

    Les enseignants trouvent que le projet contribue au développement des compétences sociales des élèves. Les élèves osent plus, sont plus concentrés, réagissent plus rapidement, brillent sur le plan musical, osent se mettre à l’avant-plan. Les élèves apprennent à jouer ensemble, en gardant le rythme, en attendant leur tour. Dans le groupe, on crée quelque chose, il est fait appel à d’autres talents.

    Il y a un enrichissement sur différents plans (cognitif, moteur et affectif) pour les élèves et les enseignants.

    Il apparaît également que lorsque les enseignants eux-mêmes apprennent à jouer d’un instrument, cela a un effet positif pour les élèves. On chante plus dans la classe, on fait plus d’exercices rythmiques en guise d’intermède.  Certains enseignants utilisent des signes, un vocabulaire, des exercices qui sont utilisés pendant les cours Ukelila.

    Effets non prévus

    On observe qu’un petit nombre d’élèves s’orientent vers l’enseignement artistique à temps partiel.

    Leviers et difficultés

    Les points forts de ce projet sont qu’ils appliquent les principes de la gestion de projet et qu’ils collaborent avec différents partenaires (notamment académies de musique et harmonies locales). C’est ainsi que les professeurs de musique sont coachés par un chargé de cours de Musica (Impulscentrum voor muziek), que l’Academie Muziek Woord Dans de Genk donne quelques 30 instruments gratuitement en prêt, etc.

    Un autre point positif est l’utilisation du test SCOL (Liste d’observation des compétences sociales). La mesure du point zéro a été réalisée en juin 2016 et le test sera effectué chaque année afin observer l’évolution en ce qui concerne la formation artistique (musique et attitudes) et les aptitudes sociales.

    Le projet a rencontré un sérieux contretemps dans la période initiale suite au décès soudain du coordinateur et cheville ouvrière. Grâce à l’implication du nouveau collaborateur, le projet a pu se poursuivre et a connu une nouvelle dynamique.

    Par ailleurs, le projet a dégagé quelques enseignements et points à améliorer : les moments de répétition avec tout l’orchestre sont trop courts, on se réfère trop peu à la pédagogie musicale d’Ukelila (p. ex. musique et mouvement.), les changements de professeurs de musique. Dans certains groupes d’instruments, il y a des problèmes de discipline. Des dispositions ont été prises à cet égard avec les écoles.  Il a ainsi été convenu, en cas de problèmes de discipline persistants avec un élève, d’en faire part au titulaire de classe.  Un dialogue peut ainsi être engagé avec l’élève sans recourir directement à des sanctions.

    Prolongement du projet

    A la fin de la troisième année du projet le financement structurel – autre que celui de la Fondation – a été arrêté. Le projet Ukelila n’a donc pu se poursuivre et l’asbl MIK (Muziek voor Ieder Kind) a été dissoute. Le projet n’était pas encore suffisamment implémenté dans les écoles pour qu’elles puissent le reprendre à leur compte. L’arrêt prématuré des moyens financiers structurels et le manque de partenaires professionnels n’ont malheureusement pas permis de réaliser les objectifs poursuivis par ce projet prometteur.

    Coordonnées

    Vzw Muziek voor ieder kind (MIK), Marktplein 9, bus 21, 3550 Heusden-Zolder.

    Contact : Katalin Blancquaert (coördinatrice Ukelila), muziek.voor.ieder.kind@gmail.com

    0492/258603

    www.ukelila.be

    Retour vers tous les projets