• fr
  • nl
  • de
  • Retour vers tous les projets

    Cinq doigts d’une main (Vijf vingers van een hand)

    Brusec Molenbeek

    2016

    Initiateurs

    Le projet a été introduit en 2016 par BruSec, un réseau d’écoles élargies de Bruxelles de l’enseignement secondaire dans le Croissant Pauvre. Concrètement, le projet est réalisé à l’école Cardijnschool, Campus Spoor West à Anderlecht.

    Situation de départ

    Le Croissant Pauvre désigne les quartiers les plus défavorisés de Bruxelles. Ils sont concentrés autour du canal Charleroi-Bruxelles et ont, sur la carte, la forme d’une faucille ou d’un croissant. Ce sont des quartiers à forte densité de population, avec une forte concentration d’immigrants et un chômage élevé.

    La Cardijnschool est une école d’enseignement secondaire spécialisé située dans un quartier défavorisé et qui présente une grande diversité d’origines ethniques parmi les élèves. En 2016, l’école comptait 211 élèves et 65 enseignants.  Les élèves sont issus, dans leur grande majorité, de milieux défavorisés, avec une communication difficile entre parents et école. Dans l’enseignement de forme 1, 2 et 3, les élèves restent jusque 21 ans et cela peut être prolongé jusque 25 ans. Ces élèves ont une image négative d’eux-mêmes et de leur école.

    L’école est établie dans ce quartier depuis 2014 et n’y est pas encore bien connue. Auparavant, l’école était répartie entre plusieurs établissements en région bruxelloise.

    Objectif et concrétisation

    L’école s’attache à développer le langage visuel non verbal et souhaite lui donner un rayonnement plus large dans le quartier. Le projet vise à élargir les attitudes et la matière qui sont inculquées dans les cours de formation aux arts visuels (forme 3) aux sections de forme 1 et de forme 2, à toutes les branches et bien au-delà des murs de l’école. L’école est convaincue que c’est précisément la communication non verbale qui peut mettre du lien entre l’école, les élèves, les parents et le voisinage.

    Après la deuxième année d’activité, les objectifs ont été précisés et reformulés comme suit :

    « Le projet vise à stimuler l’expérience culturelle dans le but de développer chez les élèves et les enseignants un changement positif d’image de soi, d’attitude par rapport à soi-même, à l’autre et à la sphère de vie.   Bruxelles est le centre de la sphère de vie des élèves et tient lieu de fil rouge tout au long du projet. »

    Cela demande une attitude de respect mutuel et une attitude positive envers les autres et l’environnement. Les « modèles » à l’intérieur et à l’extérieur de l’école, y compris parmi les anciens élèves et les parents, peuvent y contribuer. Le langage visuel constitue, pour ce groupe, un moyen adapté et Bruxelles forme la « scène » dans laquelle tout se joue (« Embrasser Bruxelles en images »).

    Les activités suivantes ont été mises en place :

    – Construction d’un food truck. Une vieille camionnette utilitaire a été transformée, équipée et utilisée comme magasin. Durant la deuxième année du projet, elle est aussi utilisée comme décor pour le spectacle de marionnettes.

    – Réalisation d’un film sur le food truck. Ce film a été présenté dans une salle dans le quartier. C’est une manière de mettre en valeur de façon positive les élèves de l’enseignement spécialisé dans le quartier. Pour la réalisation du film, il a été fait appel à un consultant artistique.

    Main sur la carte de Bruxelles.  Les élèves de forme 1 ont dessiné une main sur la carte de Bruxelles. Les élèves sont allés se promener sur ce contour et ont distribué des biscuits aux passants. Cette activité a été filmée et on peut voir les réactions positives des passants (réjouis, donnant une accolade aux élèves, …). Présenté lors d’un festival du film, ce film n’a pas gagné, mais les élèves ont reçu le prix de la sympathie.

     Projet de danse avec Ultima Vez.  Ce projet d’expression et de danse se déroule pendant 10 semaines sous la direction d’un chorégraphe d’Ultima Vez.  Des élèves de forme 1 (déficience mentale modérée à sévère) se produisent ensemble avec des élèves de forme 3 (déficience mentale légère). Plusieurs enseignants ont aussi participé à la danse.  Respect et rencontre étaient à la base des ateliers : sur la scène, tout le monde est égal, quels que soient la fonction, le rôle, le handicap, le talent, etc.

     Spectacle de marionnettes ‘Kraai’ (‘Corbeau’)Depuis des années déjà, les élèves de la formation d’assistant logistique sont mobilisés pour un projet de lecture pour des enfants de maternelle d’autres écoles bruxelloises.  Cette fois, ils sont partis ‘sur les routes’ avec le food truck pour aller présenter ce spectacle.  Une dizaine d’élèves de 2e et 3e année assistant logistique ont fait la lecture du livre et ont aussi présenté un spectacle de marionnettes, le food truck servant de décor/guignol. Pour ce projet action, il a été fait appel à l’asbl KAMO, un partenaire externe qui possède une expertise dans la formation artistique en général, mais aussi dans le spectacle de marionnettes en particulier.

    Après six sessions de formation de deux heures, après avoir pratiqué de nombreuses fois la lecture et après avoir confectionné eux-mêmes les marionnettes, les élèves étaient prêts pour leur road trip dans les écoles maternelles bruxelloises et flamandes. (Laken, Ixelles, Molenbeek-Saint-Jean et Liedekerke).

     L’école la plus sociale.  Un goûter a été offert lors de la remise du titre d’« école la plus sociale de Flandre ». Il s’agit d’un concours organisé par Edu-school et sponsorisé par MNM. Quatre élèves de 4e et 5e année en Assistant de magasin ont distribué des biscuits à Anvers et Ostende, avec le food truck. Les biscuits avaient été cuits par les élèves de 2e et 3e année apprenti boulanger et emballés par les élèves de 2e et 3e année d’Assistant de magasin.

    – L’école la plus impressionnante.  Chaque année, radio MNM se met en quête de « l’école la plus impressionnante de Flandre et Bruxelles . » L’école s’est inscrite, a été sélectionnée en tant que finaliste et a reçu la visite de quatre membres connus du jury MNM. L’école a dû, avec un temps de préparation réduit, se présenter d’une manière originale aux membres du jury. Toute l’école s’est retroussée les manches pour rendre cette visite mémorable.

    Progrès enregistrés

    – Les actions planifiées et non planifiées (dont ‘l’école la plus impressionnante’) ont contribué à une image de soi positive chez les élèves et une meilleure image de l’école dans le quartier.

    – Pendant le projet de danse on a pu observer des contacts et des rapprochements inhabituels lors du  cours normal des activités scolaires. Ainsi, les élèves de forme refusaient, au début, d’être vus ensemble avec les élèves de forme 1 en se rendant vers la salle de danse. Mais au fil des sessions, l’ensemble des élèves se sont peu à peu rapprochés et ceux de forme 3 ont endossé un rôle d’accompagnement pour le groupe de forme 1. Le respect exprimé pendant la représentation avait aussi grandi au-delà de la scène et était clairement visible. La relation avec les enseignants a aussi évolué dans le sens positif.

    – Lors de la plupart des différentes activités, les élèves ont quitté leur zone de confort, sont sortis de leur univers familier, et ont eu des contacts avec des élèves d’autres écoles flamandes, etc.

    – Les sept composantes de la formation aux arts visuels (patrimoine, voir la musique, drame, travail et pensée visuels, expérience cinématographique, formation à la mémoire, participation à la culture) ont été reprises dans le programme de forme 3. Elles figurent aujourd’hui sur les documents officiels (objectifs, évaluations, …).

    Effets non prévus

    – Suite à la collaboration étroite avec l’École élargie (Brede School), l’école constate que le coordinateur de l’école élargie est plus visible et est mieux connu de l’équipe enseignante.

    – La présence du food truck permet aux enseignants de réfléchir « out of the box ». L’école veut aussi affecter cette camionnette à d’autres usages que celui d’un ‘food truck’.

    Leviers et difficultés

    – L’ensemble du projet a été développé de façon consciencieuse et cohérente selon une vraie approche de gestion de projet (theory of change).

    – Durant la première période du projet, il a fallu procéder au remplacement du coordinateur et cheville ouvrière du projet au sein de l’école. Après un petit temps d’adaptation, le projet a pris un nouvel élan.

    – Le food truck est utilisé de façon occasionnelle, mais l’école n’a pas encore pu trouver d’ancrage structurel avec des partenaires extérieurs. L’organisation pratique s’avère plus difficile que prévu initialement.

     – Un point d’attention permanent est de d’élargir les activités du projet.

    Prolongement du projet

    Projet toujours en cours

    Coordonnées actuelles

    Contacts :

    Els Schoenmaker (Coordinateur GOK) – els.schoenmaker@cardijnschool.be – Cardijnschool, Verheydenstraat 39, 1070 Anderlecht, tél. : 02/520.05.72.

    www.cardijnschool.be/cms/

    Retour vers tous les projets