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    IP radio

    Institut de la Providence Anderlecht

    1999

    Structure d’accueil du projet

    Le projet concerne une école secondaire qui à l’époque du projet offrait un enseignement  différencié au premier degré puis un enseignement professionnel et technique. L’école accueillait 570 élèves  (dont environ  250 en  CEFA) et proposait  trois sections professionnalisantes : bureau, soins aux personnes (deux sections principalement fréquentées par des jeunes filles) et mécanique de précision (option uniquement masculine dans sa fréquentation).

    Constats et ressources de départ

    La population provient essentiellement du quartier et des alentours (quartier de la gare du midi, commune voisine : Molenbeek,). Cette école est réputée ‘école de la dernière chance’, réputation associée au fait qu’elle accueille un grand nombre de jeunes en difficultés scolaires, psycho-sociales et affectives. Elle accueille par ailleurs un groupe relativement important de primo-arrivants ajoutant au profil précédent la difficulté de l’usage de la langue française comme vecteur de communication. Deux professionnels de l’école, un professeur  de cours artistiques et un de psychologie volontaristes,  sensibles à ce que vivent ces jeunes et aux difficultés auxquelles l’école est confrontée, également  très intéressés par les nouvelles technologies de communication, déposent un dossier à la Fondation mais le projet avait débuté avant le démarrage de la subvention par la Fondation. Les promoteurs étaient déjà et sont restés  à l’affût  de nouvelles sources de financement, notamment au niveau européen.

    Objectifs et concrétisation du projet

    Les promoteurs de projet  cherchent à améliorer le climat d’école. Ils veulent également, via de nouveaux outils, apporter une aide scolaire et un soutien psychologique spécifique aux élèves dans difficultés personnelles, relationnelles et scolaires et dont certains sont arrivés sur le territoire sans connaître un mot de français ou/et ont connu des traumatismes importants. La camera et/ou le micro sont parfois utilisés dans un rôle de dévoilement de soi  ou aident à désamorcer les attitudes d’agitation et explosives dues au mal-être. Ils cherchent aussi à favoriser une meilleure circulation de l’information au sein de l’établissement et ce à tous les niveaux.

    Les promoteurs de projet cherchent plus largement  à motiver et responsabiliser les élèves de l’école, à  lutter contre l’absentéisme et contre la culture du  ‘tout tout de suite’. Ils veulent développer une palette plus large de compétences techniques et sociales et dévoiler aux jeunes leurs talents. Ils veulent ouvrir l’école sur le quartier, sur l’Europe.

    Le projet mise sur les moyens de communication classiques et novateurs en pleine expansion à cette époque. Tout au long du projet, les promoteurs  soutenus par  la direction et grâce à l’appui financier de la Fondation suivent  des formations pointues indispensables au développement  du projet qui comporte un volet technique et informatique important. Mais ils doivent aussi investir du temps et des moyens personnels pour se former et s’équiper.

    Rapidement, une radio d’école est créée, un studio d’enregistrement est aménagé et les espaces communs de l’école (dont la cour) sont progressivement sonorisés.  Progressivement des jeunes volontaires sont formés à l’animation radio et à ses exigences (ponctualité, professionnalisme,…) Ce moyen est utilisé pour faire passer des infos importantes et joviales (souhaits) au sein de la communauté scolaire. Un des  buts est  de co-construire un sentiment de communauté et une fierté d’appartenance. Le passage dans le studio de personnalités connues  dans le domaine politique, journalistique, sportif, artistique issues du quartier, de la ville ou en transit, doit contribuer à ce changement d’image de soi.

    Uneboîte aux lettres à suggestions est mise en place pour récolter les idées et avis des jeunes et pour leur apprendre à différer leurs désirs.

    Avec le matériel audio-visuel acheté, certains jeunes sont initiés au  travail du son et de l’image, d’autres partent en reportage. Le matériel est aussi utilisé en classe au cours d’exercices d’expression orale (par exemple pour montrer des recettes confectionnées en « live »). Peu à peu, le projet sert à  dynamiser certains cours de pratique professionnelle. Progressivement, le  site internet interactif de l’école voit le jour et se développe. Conjointement, certaines classes participent à des projets ou challenges européens, créent des contacts et partenariats avec d’autres écoles qui développent des projets proches (exemple : naissance de l’ABREF – association belge des radios d’écoles francophones).

    Progrès réalisés – points forts du projet

    Progressivement, les promoteurs décrivent une école qui se pacifie même si le profil individuel des élèves peut rester extrêmement carencé au niveau de la relation au savoir, à l’école, à l’autre. L’ambiance évolue positivement entre jeunes, entre adultes et le regard mutuel entre les générations prend des couleurs intéressantes. La confiance s’installe.

    Une majorité des jeunes mord au projet radio, s’intéresse au contenu des émissions, propose des titres de musique à passer. Certains jeunes se révèlent en devenant ‘animateurs radio’ : ils changent d’attitudes, s’épanouissent. Ils se découvrent des intérêts, compétences et talents variés qu’ils ne connaissaient pas d’eux-mêmes. Leur confiance en soi est augmentée.

    On voit un élargissement des frontières géographiques, sociales et culturelles des jeunes mais également de l’établissement.  La connaissance de l’Europe  et de ses apports en termes de partage de valeurs et de pratiques  ainsi que de soutien à la jeunesse augmente, ce qui  aide les élèves à construire leur citoyenneté. La direction et les professeurs voient et reconnaissent la plus-value du projet. Certains enseignants  se joignent à l’équipe de base et des collaborations extérieures sont initiées.

    Effets positifs  non attendus

    L’école devient à un moment une école de référence pour ce type de projet en Communauté Française et en Europe, ce qui augmente la fierté de ses membres. Certains animateurs radio en herbe se professionnalisent à un point qu’ils vont chercher à continuer à se former dans le domaine au niveau professionnel. D’autres se découvrent un réel talent d’acteur et développent des contacts dans le milieu audiovisuel. Ils ont trouvé leur voie.

    Difficultés et résistances

    Les promoteurs ont dû à un moment faire des choix, par exemple  revoir à la baisse l’objectif de coopération  locale, au niveau du quartier, pour privilégier les canaux et contacts nationaux voire  européens. Le matériel acheté et investi se démode vite, ce qui signifie des coûts en termes financiers et de formation importants et qui ne faiblissent pas au cours du temps.

    Il reste difficile de mobiliser l’ensemble des enseignants qui pensent manquer de créativité ou ont peu de disponibilités. Certains collègues se voient épiés et jugés quand on parle d’eux dans la rubrique ‘nouvelles du matin’. Ils ne s’approprient pas automatiquement l’outil informatique de façon volontariste pour nourrir leurs  cours. Le projet repose sur quelques épaules même si certains collègues participent ponctuellement pour une émission. La direction a des difficultés à détacher les promoteurs pour un nombre d’heures significatif pour leur permettre de mener leurs activités sans prendre automatiquement sur leur temps personnel.

    Le danger existe de travailler avec les jeunes qui émergent, ’en veulent’  en laissant un peu les autres de côté, peut-être ceux qui ont le plus de problèmes, sont le plus abîmés par la vie. Les parents sont ici souvent trop précarisés ou peu investis dans la vie scolaire de leur enfant pour qu’on puisse les impliquer. Il faut rester attentif à  impliquer significativement  les filles qui profitent moins du projet (plus spécifiquement pour la partie vidéo du projet) du fait de leur socialisation, d’une part, et parce que, d’autre part, les garçons s’accaparent plus rapidement et plus facilement le corps dur du projet (la partie technique).  Les  responsables de l’enseignement (ministère, inspection) ont parfois eu des réactions peu encourageantes.

    Poursuite, devenir du projet

    D’une part, les difficultés organisationnelles n’ont pas permis de faire perdurer jusqu’ à ce jour ce projet au bénéfice des élèves. De nombreux changements de direction et d’attribution horaire ont constitué un frein à la démarche, qui ne peut se concevoir sans disponibilité temporelle et mentale.

    De plus, le profil, de plus en plus hétérogène, des jeunes accueillis dans l’établissement s’est modifié au cours des dernières années, et ce dans toutes les sections. Les difficultés rencontrées dans le cadre scolaire semblent se cristalliser autour de la faible maîtrise du français (en particulier écrit) ainsi que sur la compréhension et l’acceptation des codes scolaires, ce qui amènerait à revisiter les objectifs de cette première et intéressante expérience.

    Les TICES (Technologies de l’Information et de la Communication pour l’Enseignment) , extrêmement présents dans la vie des jeunes en tant que consommateurs d’Internet et de numérique, doivent également être réinvestis en permanence par les enseignants qui se voudraient porteurs de ce type de projet, basé sur les techniques et technologies actuelles. La maîtrise de ces outils est essentielle et leur réactualisation nécessaire.

    Au moment d’écrire ces lignes, le projet initialement pensé a été amputé de la partie vidéo (essentiellement pour les raisons mentionnées ci-avant) et, après une période de « stand by », le studio radio a, quant à lui, repris du service. Concrètement, la diffusion d’émissions est réorganisée depuis 2 ans au même rythme que lors des années de « gloire » et avec les mêmes objectifs en ce qui concerne la « formation » des jeunes. La reconstruction d’une équipe « motivée » (adaptation au nouveau profil d’élèves) est en bonne voie. Des collaborations avec certains collègues sont instaurées. Des projets de diffusion en externe sont imaginés. Par ailleurs, en relation avec la réalité de la vie quotidienne au sein de l’établissement et les besoins associés à un renouveau, en accord avec la nouvelle direction (par l’octroi d’un budget conséquent), le projet va davantage développer l’objectif d’une circulation de l’information efficace dans l’établissement. Des diffuseurs sont en cours d’installation dans la quasi totalité des locaux. L’information centralisée sur le fonctionnement  et le déroulement de la vie quotidienne au sein de l’établissement sera ainsi diffusée plus largement et, gageons, efficacement auprès de l’ensemble de la communauté « IPéenne ». La sonnerie sera remplacée par de la musique (journées/semaines thématiques). Convivialité, visibilité, reconnaissance, sentiment d’appartenance seront ainsi renforcés.

    Contact

    Institut de la Providence

    Rue Haberman 27 – 1070 Bruxelles

    Tel : 02/523 01 82               0475/81 96 62

    Promoteurs  (toujours en place):

    Madame Laurence Yaelé

    Monsieur Etienne Léonard (0475/81 56 62)

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