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    Envol

    Ecole Saint-Pierre/Musique Espérance Anderlecht

    2006

    Structure d’accueil du projet

    L’école primaire Saint-Pierre est  située dans un quartier de Bruxelles à Cureghem, un quartier de la  commune d’Anderlecht accueillant une population majoritairement issue de l’immigration. Le directeur  de l’époque s’interroge sur l’efficacité de la pédagogie classique appliquée à des enfants qui, dès le départ de leur scolarité, ne possèdent pas les mêmes acquis intrinsèques que les enfants d’autres écoles dans d’autres quartiers.

     De son côté, Musique Espérance est une asbl dont l’objectif est de mettre la musique au service des Droits de l’Homme, de la Paix et de la Jeunesse. Ses activités, à travers la pratique musicale, visent la valorisation des potentialités de chacun pour favoriser une vision personnelle et sociale constructive d’avenir.

    De la rencontre de ces acteurs et d’une équipe pédagogique réceptive au projet,  est née une réflexion commune autour du rôle démocratique de l’école dans la société et une volonté d’élargir l’accès à la culture dans cette école, pour ces enfants et leurs familles, pour ce quartier.​ De cette réflexion commune est né ENVOL, un concept novateur intégré dans le projet pédagogique de l’école concrétisé par l’installation d’ateliers de musique, de contes et des arts de la scène qui accompagnent l’enfant depuis l’entrée en maternelle jusqu’à la fin de la scolarité primaire.

    Constats et ressources de départ

    Quatre constats de départ :

    – la population de l’école est composée d’enfants venant de tous horizons géographiques et culturels, qui vivent en Belgique depuis plus ou moins longtemps.

    la maîtrise du français et de l’expression orale qu’elle facilite constitue le défi principal de l’école car elle est pour l’enfant, l’obstacle majeur à sa réussite scolaire. Cet obstacle se prolongera au-delà de l’école, au lycée et jusqu’à l’obtention d’un diplôme valorisant, diplôme censé lui ouvrir les portes d’un travail et faciliter son intégration à la société.

    – le milieu familial et social, souvent précaire économiquement, n’offre que rarement aux enfants la possibilité d’ouverture à la culture du pays d’accueil.

    – le risque très présent d’une baisse de la confiance en soi et dans les institutions, dont l’école. Par contre cela peut provoquer une hausse de la valorisation de la violence et de la force comme moyen d’échapper à leur situation d’exclusion.

    Le projet « Envol » s’est installé peu à peu à l’école et il a mûri avant de recevoir le soutien de la Fondation. Il a été pensé conjointement par les deux partenaires du projet qui  ont misé sur la musique et le conte pour transformer et améliorer l’accès aux enseignements fondamentaux et au « vivre ensemble ».

    Objectifs et concrétisation du projet

    Le but du projet était de permettre à l’école d’assurer l’épanouissement personnel, intellectuel, culturel, artistique  et social de sa population infantile fragilisée socialement et culturellement. Le projet s’est articulé autour de la pratique culturelle, musicale et artistique.

    Chaque classe bénéficie de deux heures hebdomadaires  d’ateliers interactifs de musique (chant choral), de conte et des arts de la scène. Ces activités sont assurées par des professionnels choisis par leurs compétences et leur expérience avec des publics « différents ». La présence participative des enseignants assure la retombée pédagogique de ces activités dans les classes. Une organisation en « modules » assure le suivi et l’articulation progressifs avec les acquisitions scolaires classiques.

    Le projet et la pédagogie qui sous-tend Envol, sont inscrits au cœur du projet d’établissement et du programme pédagogique qui accompagne l’enfant durant toute sa scolarité. Le dialogue avec les familles est pensé  et placé au cœur du processus par l’organisation de Journées Portes Ouvertes et d’un spectacle final alliant harmonieusement Musique et Parole.

    Progrès réalisés – points forts du projet

    Les progrès ont été nombreux et assez rapides. Ils ont été  évalués constamment par des experts en éducation. Si des réajustements et des adaptations ont été nécessaires, c’est pour affiner le projet et l’améliorer mais jamais  il n’y a eu de concession quant aux  objectifs à atteindre.

    Au niveau des apprentissages, les progrès en français ont été  constants et la joie d’apprendre des enfants  palpable. Le choix d’une thématique d’année a permis de donner de la cohérence aux apprentissages et a favorisé le dialogue des équipes  enseignantes et d’animation.

    Les enfants ont gagné en concentration et confiance en eux. Ils se sont révélés les uns aux autres dans une complémentarité de talents. Dans les activités créatives,  certains enfants particulièrement turbulents ou en difficulté scolaire ont  offert une image toute différente d’eux-mêmes et ce changement a été salué tant par les professeurs que les condisciples. Ceci nous a confortés dans l’idée que la communication peut passer par d’autres canaux pour être reconnu au niveau compétences même sans parler le langage du pays d’accueil au départ.

    Le climat d’école s’est rapidement amélioré et la violence entre enfants a disparu au profit d’une fierté commune et l’installation d’une solidarité entre les élèves d’une même classe mais également des « grands » par rapport aux « petits », perceptible notamment lors du spectacle de fin d’année ou dans la cour de récréation. Les enfants ont étendu leur territoire physique et culturel de référence grâce à  la collaboration avec les institutions culturelles belges  (TRM, MIM, BOZAR …) qui offrent un éventail artistique de qualité adapté au public scolaire.

    La  présence participative des parents dans les classes a été progressivement favorisée pour qu’ils voient  les réalisations des enfants, plutôt que de miser uniquement sur  le spectacle de fin d’année de l‘école. L’enfant a  été pensé comme vecteur d’évolution et d’ouverture vers son groupe familial et cela s’est vérifié notamment quant à la participation active des parents aux évènements organisés par l’école.

    Une grande importance a été accordée à assurer la mémoire du projet (réalisations manuelles, visuelles et sonores) tant au niveau de l’école qu’au profit de chaque élève en particulier. Grâce à un accueil personnalisé, de nouveaux enseignants motivés pour la pédagogie développée ici, le personnel s’est progressivement stabilisé, solidifiant le projet. Les artistes intervenants ont formé de leur côté une équipe stable, ce qui a favorisé des relations de qualité et de confiance entre tous les acteurs, petits et grands. Ceci a aussi permis l’évaluation des progrès individuels et collectifs dans la durée.

    Effets positifs non attendus

    Les enseignants, au départ réticents par rapport au projet, et qui ont rejoint l’autre implantation de l’école Saint-Pierre ont été les premiers demandeurs de l’extension des activités et de la « philosophie  Envol » à celle-ci.

    L’année scolaire 2017-2018 a vu l’extension des ateliers musicaux dans toutes les classes maternelles et primaires de l’implantation principale de l’école Saint-Pierre (250 enfants) grâce à un subside obtenu auprès des Fonds ING gérés par la Fondation Roi Baudouin. Avec le temps, on constate que  d’anciens élèves de l’école poursuivent avec succès des études supérieures et reviennent vers l’école lors des évènements organisés par celle-ci.

    Difficultés et résistances

    Le regard des enseignants a changé progressivement. Un peu perplexes au départ, ils ont eu l’opportunité de découvrir des enfants ouverts et enthousiastes, curieux, créatifs, dynamiques, demandeurs de nouveaux horizons et porteurs de valeurs et compétences jusque-là non visibles. L’équipe enseignante a pu, progressivement, envisager les enfants dans leur globalité, de manière plus flexible et intégrée à l’environnement.

    Il a fallu aussi accompagner patiemment et respectueusement  les familles dont les attitudes interpellaient au départ (un certain manque de respect face au travail des enfants et des professionnels, difficulté à s’éloigner du quartier d’habitation et à prendre ses marques dans l’espace urbain). Il a fallu  composer avec des interdits religieux notamment en termes de mixité et de rapport au corps pour que chaque acteur, enfant et adulte,  soit respecté tout en gagnant en  autonomie.

    Les promoteurs du projet sont  déçus par le manque de soutien réel de la part des responsables de l’enseignement malgré les preuves indéniables des apports d’un tel projet. La nécessité perpétuelle de chercher, année après année, l’appui des mécènes représente une lourde charge qui n’est pas toujours couronnée de succès, mais qui n’entame pas la volonté de poursuivre avec un projet éducatif qui a apporté et continue à apporter les preuves de son efficacité.

    Poursuite du projet

    Le projet se poursuit encore, 9 ans après la fin du soutien reçu de la Fondation Reine Paola.

    Des changements ont néanmoins eu lieu :

    –        au niveau de la Direction: M. Özturk a remplacé M. Brisson à la direction de l’Ecole et a continué à s’impliquer dans le projet, aussi bien du point de vue pédagogique que de son organisation qui s’est structurée avec le temps. Une convention a été adoptée qui spécifie le rôle de chacun dans le projet, le nombre et la nature des réunions (staff, plénières, bureau), etc.

    –      au niveau de l’équipe enseignante: le renouvellementde l’équipe pédagogique (pour départ à la pension, notamment) et le contact des jeunes enseignants avec un projet pédagogique novateur et créatif a été un facteur de prise de conscience de l’importance des activités du projet et de son contenu, dans les apprentissages.

    –     au niveau de l’équipe artistique : sa composition a également subi de changements (engagement d’une comédienne pour les ateliers de 3ème à 6ème primaire et d’une conteuse pour la 1ère et 2ème primaire). On constate une évolution très positive dans la concertation de cette équipe avec l’équipe éducative

    –      au niveau des parents: La participation des parents aux activités qui leurs sont proposées (Journées Portes Ouvertes ou Spectacle de fin d’année) a augmenté considérablement, jusqu’à s’initier à la musique et à la prise de parole lors des JPO.

    On constate aussi un changement important dans la perception du sens de l’école et des compétences intrinsèques de leurs enfants.

    Il faut aussi mentionner que l’autre implantation de l’école, celle de la Chaussée de Mons, a rejoint le projet. Elle accueille une population infantile comparable du point de vue socio-économique, mais plus nombreuse (250 enfants) que celle de la rue Abbé Cuylits. Cela s’est fait au fur et à mesure en fonction des ressources financières qui ont conduit à fixer des priorités. Ainsi avec de subsides ponctuels et les moyens D+ de l’école, des activités de musique et de contes ont été mises en place dans les 4 classes maternelles et les deux premières classes primaires qui ont pu être étendues à toutes les classes maternelles et primaires en 2018.

    Pour information, les différentes sources de financement mobilisées sont :

    –        2012 : ING Solidarity Award

    –        2014 : BNP Paribas Fortis Foundation Awards Bruxelles

    –        2016 : Fonds Celina Ramos* – soutien unique

    –        2015 : Fonds Pauvreté*

    –        2016 : Fonds Jeanne Van Quickenborne*

    –        2017 : Fonds de Mécénat d’ING en Belgique

    –        2012 => 2018 : moyens D+ de SP2

    –        2018 => 2021 : IMMOBEL

       *   Fonds gérés par la Fondation Roi Baudouin

    A partir de l’année scolaire 2012-2013, la Direction de l’école Saint-Pierre 2 et son équipe enseignante ont décidé d’appuyer financièrement le projet ENVOL en lui consacrant une partie substantielle des moyens D+ de fonctionnement. Sans cette aide précieuse qui a permis de continuer avec les volets « Contes et Arts de la Scène » + Sorties, dans toutes les classes maternelles et primaires, ENVOL n’aurait pas pu continuer ses activités.

    Contacts

    Ecole Saint-Pierre 2

    Rue Abbé Cuylits, 30

    1070 Bruxelles

    Tél : 02 522 17 94

    Fax : 02 522 11 82

    Directeur de l’école Saint-Pierre

    Dogan ÖZTÜRK : stpierrecureghem@proximus.be

    Coordinatrice pour Musique Espérance Belgique asbl.

    (http://www.federation-musique-esperance.com)

    Waldia ALEGRIA-JUSTET : j_waldia@yahoo.fr

    Coordinateur pour l’école Saint-Pierre 2

    Marc BRISSON : marcbrisson@skynet.be

    Coordinateur équipe éducative École Saint-Pierre 2

    Françoise DROOG : francoisedroog@gmail.com

    Artistes intervenantes :

    Elise CAZABAN, musicienne

    Maria-Helena SCHOEPS, musicienne

    Marie-Pierre MEINZEL, comédienne

    Alice MICHALOWSKI, conteuse

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