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    Vivons ensemble avec nos différences et exprimons-nous d’une autre manière que par la violence

    Ecole communale Centre Mixte Herstal

    2004

    Structure d’accueil du projet

    Le projet a été pensé et mis en place par la directrice de l’école primaire.

    Constats et ressources de départ

    L’école  avait perdu de nombreux élèves sur la dernière période et le climat scolaire laissait à désirer. Cet établissement scolaire concentre des enfants issus de familles précarisées, dont des tsiganes et de nombreux primo-arrivants qui ne connaissent pas le français. Il fallait prendre ce problème d’interculturalité à bras le corps. Par ailleurs,  l’école était confrontée à cette époque à des problèmes d’absentéisme et de comportements inadéquats, voire violents de la part de certaines familles et entre enfants.

    Ce projet pensé comme une ‘école des arts’ a été rendu possible grâce à des partenariats divers et variés. C’est la directrice qui a  contacté les professionnels qui sont intervenus régulièrement dans les animations de classe (le Conservatoire de Liège, l’Académie de musique locale, Caméra enfants admis…)  Certaines collaborations ont été plus ponctuelles (par exemple avec le théâtre universitaire ou MUSE). Les subsides de la Fondation ont été dès le début associés à d’autres sources de financement pour l’installer et la consolider le projet d’école.

    Objectifs et concrétisation du projet

    Les enjeux collectifs et individuels à rencontrer  étaient nombreux. Il semblait  essentiel de rendre les élèves heureux et de les sortir d’un environnement gris et d’un quotidien difficile. Les apprentissages sociaux et scolaires   sont  pensés comme pouvant devenir bien meilleurs si on investit  sur la durée dans des activités artistiques qui motivent, mobilisent les élèves, les font grandir.

    Dès la mise en place du projet, tous les enfants ont profité d’animations ‘chant’ une heure par semaine en classe. En plus,  des projets artistiques sont organisés par cycle à travers des ateliers qui se déroulent le vendredi après-midi et dont le contenu varie au cours du temps. Parfois le travail se fait avec tout  le groupe classe, parfois en plus petits groupes; parfois les classes coopèrent entre elles. Le but est de faire passer chaque enfant par des activités différentes mais toujours dans le même esprit. A un moment, les responsables ont opté pour un système de modules que les enfants pouvaient choisir dans l’ordre qui leur  plaisait.

    A titre d’exemple, chez les 5/8, la musique a été approchée à travers les cultures, les enseignants ont préparé un spectacle avec chorégraphie et costumes et organisé une exposition. Une autre année, les enfants se sont initiés à l’univers du cirque.

    La première année, les enfants de primaire ont été  impliqués dans différents pans et les différentes étapes  de la  conception de films thématiques. La deuxième année, les enfants du degré inférieur ont découvert les arts plastiques tandis que ceux du degré moyen s’initiaient à la danse et à la musique et ceux du degré supérieur poursuivaient leur apprentissage théâtral…

    Chaque année, un spectacle d’école a été préparé avec les enfants et présenté devant un public nombreux. Les enfants ont pu participer à un concours de chorales au Forum de Liège et ont monté une comédie musicale dont les costumes ont été fabriqués en maternelle. Les animateurs ont veillé à ce que chaque enfant emporte un souvenir de l’activité d’année (dvd par exemple).

    La réussite de ces projets artistiques a poussé  à travailler d’autres ‘questions’. Ainsi,  la cour de récréation a été  repeinte et embellie par une fresque réalisée avec la collaboration des groupes-classes. Les récréations de midi ont progressivement été animées via des activités, des jeux, des tournois.

    Progrès réalisés – points forts du projet

    L’ambiance de l’école et la discipline se sont améliorées d’elles-mêmes. Le zapping scolaire a diminué.  Rapidement, il n’y a plus eu de dégradations à déplorer.  Progressivement, les enfants se sont occupés positivement, répétant leur spectacle  plutôt que de se chamailler. Les stéréotypes se sont estompés spontanément. Ces changements ont eu un impact positif sur la motivation du corps enseignant qui s’est formé aux techniques artistiques en même temps que les enfants et qui a donné de son temps personnel. C’est aussi le cas du personnel administratif ou d’entretien qui a mordu au projet! Les institutrices ont pris plus de temps  pour échanger à propos du développement personnel de chaque enfant. Les parents se sont progressivement  impliqués, ont été mis au courant du projet et sollicités.  Certaines mamans ont participé  à des activités culinaires…. Les familles sont venues  voir les réalisations des enfants et ont fait des efforts pour respecter le silence durant les représentations.

    Effets positifs non attendus

    On a assisté à une augmentation du bien-être des enfants et de leurs collaborations. Des élèves ont continué par eux-mêmes à fréquenter l’académie de musique ou les activités du théâtre universitaire. L’école a servi d’intermédiaire à ce niveau pour permettre l’inscription, parfois en négociant un petit coup de pouce financier du CPAS. La publicité de l’école s’est faite de bouche à oreille et l’école a tourné à nouveau au maximum de ses capacités.

    La directrice a quitté avant la fin du projet mais a été remplacée par une  professionnelle qui a cru à l’initiative et l’a perpétuée. Les deux directrices ont travaillé main dans la main pour poursuivre le travail dans l’école et ce type de projet pédagogique s’est développé avec les adaptations nécessaires dans d’autres écoles de la commune, même celles qui accueillent un public différent.

    Difficultés et résistances

    La population tsigane reste mouvante, nomade et il reste difficile de pouvoir garder les enfants scolarisés du 1er septembre au 30 juin même si les choses se sont améliorées grâce au projet.

    Certains services communaux se sont montrés peu coopératifs et les enjeux électoraux se sont invités par moments.

    Poursuite du projet

     Le projet continue malgré de nombreux changements de personnel. Il a dernièrement  intégré un volet ‘sport’. De plus, dans  les autres écoles dont Mme Raskin a  depuis pris la direction, des projets similaires ont vu le jour. Aujourd’hui, dans ces différents établissements, des cours de théâtre et de chant sont dispensés dans toutes les classes.

    Des projets de coéducation facilitent désormais une meilleure intégration des parents et des enfants en sein des implantations. Les habitants des quartiers sont invités à participer à des ateliers.

    Contact

    Madame Arlette Raskin (promotrice du projet à l’école Faurieux et qui continue à développer d’autres projets proches dans les écoles de la commune): arlraskin@hotmail.com

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