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    Le spectacle en tant qu’acteur, un plus dans mon apprentissage

    Institut Sainte-Marie Seraing

    2001

    Structure d’accueil du projet

    Au démarrage du projet, l’Institut Sainte-Marie est une école secondaire située au centre de Seraing. Elle dispense au-delà du premier degré de la formation technique et professionnelle dans des sections historiquement principalement ‘féminines’ (comme aides-sanitaire et soignantes, technique éducation’, habillement). Il y a aussi une section ‘hôtellerie’ qui fonctionne selon d’autres horaires et règles et qui n’a pas été incluse dans le projet. L’institut Sainte-Marie  est une des trois implantations d’une structure scolaire plus large et en constitue l’implantation Cockerill. La population des élèves est dans l’ensemble peu favorisée et souvent issue de familles éclatées.

    Constats  et ressources de  départ

    L’école est confrontée à la mobilité et à l’absentéisme scolaire; également à  l’agressivité verbale  et non verbale de certaines élèves. Dans l’ensemble les élèves   donnent peu de sens à leur scolarité et leur  univers familial, culturel et social restreint leur offre peu d’opportunités de développer leurs goûts et compétences.  Le projet avait déjà démarré avant l’obtention de la subvention de la Fondation sous l’impulsion de deux professeurs motivés. Dans les années 1990, l’Institut participe au Réseau Européen des Ecoles en santé  et met en scène des contes.  Bon nombre de professeurs semblent déjà  acquis à la cause au démarrage du projet et prêts à s’impliquer.

    Objectifs et concrétisation du projet

    Aux objectifs de développement personnel, de découvertes de passions, de nouvelles compétences s’articulent des objectifs collectifs de vivre-ensemble pour favoriser la coopération et de cohésion et changer le climat d’école. Le cœur du projet est mené chaque année avec 7 classes particulières situées au milieu du parcours de l’enseignement secondaire (donc avec des élèves ni trop jeunes car trop mobiles, ni trop âgés non plus car déjà l’esprit ailleurs, dehors). L’apport financier de la Fondation permet d’engager des professionnels du spectacle pour faire les animations et monter les spectacles. Souvent un thème d’année est choisi en relation avec le vécu des élèves (adolescence, préjugés, ‘l’éducation, c’est quoi ?’). Les professeurs s’impliquent à côté des animateurs et des liens sont faits avec les cours de français (des textes sont composés, rédigés, de la documentation est recherchée…) mais également de pratique professionnelle. Par exemple,  la thématique  et l’exercice du  toucher  concernent au premier chef de futures aides sanitaires. Certains professeurs acceptent eux-aussi de prendre un rôle dans une pièce de théâtre. D’autres se lancent dans la production de spectacles.

    De nouveaux outils (caméra, vidéo) sont utilisés dans le cadre de la confection de petits films ou de journaux TV. Des associations de professionnels comme ‘Caméra enfants admis’ viennent en appui. Des projets débouchent sur des productions présentées tant à l’intérieur de l’école qu’à l’extérieur (devant des enfants plus jeunes ou des personnes âgées) et des CD sont disponibles pour les professionnels qui  voudrait réutiliser certains  matériaux.

    Il a semblé important aux promoteurs du projet que chaque élève de l’école puisse ‘profiter’ du projet même s’il n’appartient pas à une de classes sélectionnée pour une animation d’année. Des animations et sorties culturelles sont ainsi mises sur pied (expositions, journées sportives, voyages à Paris).

    Progrès réalisés – points forts du projet

    Travailler avec 7 classes par année, cela signifie que 100 jeunes participent à diverses productions et foulent les planches. Et ils le font très généralement avec sourire et fierté. Parfois, une classe dont le projet n’aboutit pas une année mène un autre projet  sans difficultés majeures l’année suivante. Chaque mini-projet est régulièrement évalué par les différents acteurs impliqués, adultes et enfants et cela de manière minutieuse.

    Au niveau personnel, les professeurs voient des enfants ‘fragiles’ s’ouvrir, s’épanouir, notamment au départ d’ateliers ‘clown’ qui leur permet de s’exprimer sans exposer son visage. Progressivement, les jeunes osent prendre la parole et développer leur point de vue. Une élève très effacée a découvert sa jolie voix et a vu ses relations aux autres et aux professeurs  évoluer très positivement… Les jeunes qui participent aux mini-projets sont beaucoup plus à l’aise dans la présentation de leur projet de fin d’études devant un jury. Les jeunes sont dans l’ensemble très fiers de leurs réalisations et  de leur école. Ils se montrent aussi de plus en plus solidaires les uns des autres,  apportant leur pierre à l’édifice en fonction de leurs expertises individuelles et de classe (la section couture conçoit et coud des costumes…). Une journée interculturelle qui réunit toute l’école autour d’ateliers divers (danse orientale, écriture, cuisine italienne….) en 2005 connaît un grand succès. Le fait que chaque élève profite d’une manière ou d’une autre de l’appui de la Fondation ajoute encore au bon esprit dans l’école, fidélise les élèves et en attire d’autres (publicité par le bouche à oreille mais aussi pensée de manière professionnelle par l’école). Les changements de direction de l’école ne ralentissent  ni remettent  en cause le projet.

    L’implication des enseignants augmente rapidement  et certains n’hésitent pas à se mettre en danger en participant comme acteurs à côté des élèves, ce qui impressionne ces derniers  et change les relations entre les générations et positions hiérarchiques. Une des promotrices du projet propose d’investir dans la formation des professeurs intéressés à l’animation. Dans un premier temps, certains participent à de telles formations à l’extérieur puis l’école fait venir en son sein un formateur en technique d’animation. D’année en année, certains se lancent seuls dans la confection de spectacles. Certains qui changent d’école exportent leur expérience.

    Effets positifs non attendus

    Des nouvelles idées et  collaborations se mettent en place, par exemple lors du défilé de mode organisé au Val Saint-Lambert ; aussi avec la Teignouse, spécialisée sur les questions d’assuétudes. Une étudiante universitaire  rejoint aussi la réflexion sur cette problématique. Les promoteurs découvrent toute l’importance et l’impact de la qualité de la réalisation des mini-projets et spectacles  dans ses moindres détails (décors, costumes, sono). Assez vite, le projet est connu et reconnu  à l’extérieur et des personnes s’y intéressent, prennent contact. Certaines représentations se donnent en fin de projet à la salle des Chiroux de Liège.

    Difficultés et résistances

    La difficulté de disposer de  locaux adaptés et suffisants pour travailler, répéter  a été un obstacle qu’il a fallu surmonter. Il s’avère difficile de ne travailler ces mini-projets que durant des périodes de 50 minutes de cours. Il est nécessaire de bloquer des périodes de la semaine ou du trimestre pour avancer significativement ou pour terminer totalement un travail.

    Certaines classes n’arrivent pas au bout de leur projet ou doivent réorienter ce dernier. Certains projets peuvent être mis à mal par des meneurs/meneuses ou des élèves souffrant de problèmes ou de comportements ou de santé mentale, ce qui est décrit comme assez courant chez les adolescentes. Certains professeurs ressortent découragés de telles expériences.

    Beaucoup du travail repose sur les promoteurs qui se sentent au bout du compte peu valorisés devant tout l’effort consenti et le temps consacré.  Il reste difficile de dégager des heures rémunérées pour les missions complémentaires qu’ils remplissent. Beaucoup de travail et de fatigue mentale repose sur l’équipe de base. Par ailleurs, l’expertise de la promotrice principale du projet fait qu’elle est sollicitée pour d’autres missions et  d’autres postes à l’extérieur de l’école, ce qui complique l’organisation du projet et sa propre implication dans ce dernier.

    Des frustrations sont présentes. Des élèves ont pu connaître des frustrations lorsque,  invités à présenter leur film lors d’une manifestation, on ne leur ‘laisse’ que  deux minutes faute de temps. Certains professeurs pensent  aussi que l’école s’éloigne de ses fondamentaux.

    Poursuite, devenir du projet

    L’école et les professeurs ont continué tout au long du projet et après à chercher d’autres financements, dont ‘Ecole en scène’ et ils en ont obtenu. Mais maintenir un projet d’une telle envergure sur le long terme représente des coûts importants qui ne peuvent être couverts par les rentrées courantes d’une école. La Fondation subventionnera un second projet de 5 ans ultérieurement mais pas en prolongement de ce premier.

    Aujourd’hui l’école propose une nouvelle section ‘art d’expression’

    Contact

    http://www.ism-seraing.be/

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