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    Eperonniers-Europe

    Centre scolaire Eperonniers Bruxelles

    2001

    Structure d’accueil du projet

    A l’époque du projet, le centre scolaire des Eperonniers est une école secondaire située à  quelques rues de la Grand’Place de Bruxelles qui, au démarrage du projet, accueillait une section professionnelle et technique en hôtellerie, coiffure, coupe-couture.  La population scolaire  accueillie était très variée en matière de nationalités ; elle est principalement issue de familles souvent défavorisées. Elle fait partie d’une structure plus large  caractérisée par différentes implantations.   Concernant la situation actuelle, voir  http://www.cs-em.be/

    Constats  et ressources de  départ

    Les jeunes ne voient pas le sens de l’étude, des apprentissages et du diplôme, surtout dans les classes professionnelles avec orientations ‘féminines’.  Les plus jeunes élèves sont souvent absents et certains sont déjà forts carencés à tous niveaux. La précarité de leur famille les implique des une culture et des stratégies de survie qui entrave la régularité et la réussite scolaire.  De nombreux  professeurs sont défaitistes. Une enseignante veut casser cette fatalité et ne compte pas ses heures pour se former (en PNL) et réfléchir à d’autres approches et pédagogies. Bien que la direction de l’école change souvent, elle arrive à  mettre son projet sur pied et à le développer.

    Objectifs et concrétisation du projet

    Les buts principaux énoncés du projet sont  l’amélioration du bien-être et développement des élèves (physique, affectif, social, citoyen, professionnel, le développement de compétences plus variées : compétences sociales, artistiques…). Pour cela, il semble important  aux animateurs de projet de faire sortir les élèves de leur quartier et univers étriqué, de donner du sens à l’étude et aux apprentissages, de quitter une approche répressive et réglementaire pour une approche préventive et de dialogue. Cela demande un changement de mentalités et de dynamique d’école et inter-écoles.

    Le projet  s’appuie ici sur  les valeurs démocratiques fondatrices de l’Europe (paix, égalité, solidarité, ouverture à la diversité) qu’il veut promouvoir. Concrètement, le projet mobilise les élèves à travers la création de ministères mêlant les classes d’aînés et des plus jeunes de l’école. Chacun est amené à prendre des responsabilités. Des thématiques d’année sont choisies  (eau, lumière…) au départ de problèmes sociétaux et elles sont travaillées de manière transversale  dans bon nombre de cours et à l’extérieur de l’école (excursions et voyages). Chaque ministère fonctionne de manière démocratique (campagnes, élections….) et permet de mener des actions ciblées  ou coordonnées (culture, environnement, sports, affaires intérieures). Ceci débouche sur des actions très diversifiées de type quiz, challenges sportifs, arts martiaux, projets culinaires, réaménagement d’espaces, participation à des actions philanthropiques, actions de communication, spectacles…  Un parlement est  créé. Il fait travailler en collaboration les  différents acteurs de l’école et met des priorités parmi les actions à mener (peinture de la cour) ou les fonctionnements et règlements à discuter (contenu des bulletins par exemple). Une attention particulière est accordée également au bien-être des enseignants, des moyens sont utilisés pour  les soutenir, informer régulièrement et les former.Des spécialistes extérieurs interviennent à ce niveau, comme coach (en communication non violente par exemple).

    Progrès réalisés – points forts du projet

    La preuve est apportée, selon la promotrice,  que les regards entre les personnes changent quand on change le contexte. Progressivement de plus en plus d’adultes sont progressivement remotivés et s’impliquent, calculant de moins en moins le temps investi dans le projet. De nombreux enfants s’émerveillent, quittent leurs perspectives grises. Ils se confient  de ce qu’ils vivent, le revers de la médaille étant qu’il faut gérer intelligemment  l’information reçue.  L’espace scolaire devient un lieu de sécurité et d’intimité pour les jeunes qui les protègent plus qu’avant  face à la dureté des conditions sociales et familiales.

    Effets positifs  non attendus

    Un besoin criant s’invite à un moment dans le projet et le soutien financier de la Fondation permet de tenter d’y faire face. Des jeunes élèves arrivent en classe sans rien dans le ventre ni rien dans la mallette jusqu’à la fin des cours. Un pan du projet va être mis en place pour leur offrir un repas équilibré par jour. On  va impliquer les jeunes élèves dans l’achat et la préparation de repas, ce qui va permettre d’aborder avec eux des notions mathématiques, de diététique, d’étude du milieu, l’écriture d’une liste de courses ou de lecture de recettes.

    Difficultés- Résistances

    La mobilité de la direction et des professeurs, y compris des plus impliqués dans le projet peut créer des difficultés, même quand la promotrice de projet accepte un poste de coordination dans l’enseignement où elle peut faire passer ses idées et mettre son expérience à profit. Il reste une poignée  d’enseignants qui ne mordent pas au projet, voir s’y opposent, ce qui peut peser lourd sur la dynamique. Il existe une difficulté pour prendre le temps nécessaire de réflexion et de coordination, d’organiser les horaires et moments  de rencontre.

    Parfois, les  activités proposées s’avèrent non adaptées ou ratées. La confrontation à d’autres cultures et conceptions des rôles et des droits (notamment  quant au devenir des jeunes filles) ne va pas de soi. Il reste difficile d’impliquer et d’accrocher les filles déjà mariées et qui vont l’être.  Les professeurs se demandent jusqu’où on rend-on service à vouloir  conscientiser, faire évoluer les conceptions et les désirs de jeunes dont l’avenir semble tout tracé ? Le choix de la section ‘coupe-couture’ est souvent considéré comme un compromis entre l’obligation scolaire et un apprentissage des tâches de mère.

    Poursuite, devenir du projet

    La promotrice, Madame Rouffiange, est partie comme directrice à Kinshasa peu après la fin du projet et est retraitée. L’école a remplacé l’option ‘coupe-couture’ par une autre consacrée aux soins animaliers.

    Contact

    Centre scolaire des Eperonniers

    56, rue de l’Etuve

    1000 Bruxelles

    Monsieur Eric Lambert: ericlambert62000@gmail.com

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